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Depuis
1945, de nombreux transfuges ont choisi le Canada comme terre d’asile.
La plupart d’entre eux possédaient des renseignements secrets
de grande valeur. Igor Gouzenko, Sergueï Kourdakov, Vitaly Yourtchenko,
Yuri Smurov, Jiefang Huang : tous ces hommes se sont retrouvés
au cœur de conflits opposant les services secrets canadiens à
des puissances étrangères.
En 1945, au risque de sa vie et de celle de sa famille, Igor Gouzenko,
employé de l’ambassade soviétique à Ottawa,
demande l’asile politique au Canada. Il emporte avec lui plus
d’une centaine de documents qui prouvent que les Soviétiques
opèrent au Canada et aux États-Unis un réseau d’espionnage.
Ces révélations changeront le ton des relations internationales
et marqueront le début de la Guerre froide. Jusqu’à
la fin de ses jours Gouzenko vivra dans l’anonymat et portera
une cagoule lors de ses apparitions publiques.
Au lendemain d’une violente tempête, en 1971, un homme est
retrouvé sur une île en Colombie-Britannique. Après
interrogation, on apprend que Sergueï Kourdakov est un officier
de la Marine soviétique et qu’il travaillait comme opérateur
radio sur un chalutier de pêche russe dont il s’est échappé.
Les Russes tentent par tous les moyens de convaincre le rescapé
de rentrer au pays. Cet empressement laisse deviner aux Canadiens la
véritable importance de Kourdakov. Trois semaines après
sa défection, celui qui rêvait depuis longtemps de commencer
une nouvelle vie au Canada recevra son statut d’immigrant et deviendra
la coqueluche des médias en Amérique du Nord.
En 1985, le colonel Vitaly Yourtchenko, lors d’un voyage
à Rome se réfugie à l’ambassade américaine.
Ce haut gradé du KGB travaille pour les services secrets soviétiques
depuis plus de 25 ans. Il livre plusieurs renseignements sur l’organisation
des réseaux d’espionnage en Amérique du Nord et
le nom de plusieurs agents doubles. Mais quelques mois plus tard, il
disparaît mystérieusement. Lorsqu’il réapparaît,
Yourtchenko accuse la CIA de l’avoir kidnappé pour
lui arracher des informations secrètes. En fait, Yourtchenko
serait reparti pour l’URSS après avoir eu une déception
amoureuse à Montréal.
Le 22 juin 1988, un employé de la délégation soviétique
de l’OACI à Montréal vient de faire défection.
Yuri Smurov fournit des renseignements qui permettent de découvrir
un vaste réseau d’espionnage spécialisé dans
les domaines de hautes technologies. Suite à ces révélations,
le Premier ministre Mulroney ordonne l’expulsion de dix-sept
diplomates russes. L’Union soviétique répliquera
avec l’expulsion de cinq diplomates canadiens.
En 1989, deux cents étudiant chinois du Canada manifestent contre
le bain de sang qui s’est produit sur la place Tienanmen de Pékin.
Pour des raisons humanitaires, le gouvernement canadien offre alors
l’asile politique à tous les étudiants chinois qui
ont participé à cette manifestation. L’un de ses
étudiants, Jiefang Huang, étudiant en droit à
l’Université McGill, est approché par la SCRS.
En échange de son nouveau statu, on lui demande de devenir espion
canadien en Chine. Pour le forcer à accepter, on n’hésite
pas falsifier certaines informations dans son dossier, lassant croire
qu’il est déjà espion.
Intervenants
RICHARD CLÉROUX,
Journaliste et auteur : Pleins feux sur les services secrets canadiens
// LUC DUHAMEL,
Politicologue, Université de Montréal // PETER
MARWITZ, Conseiller à la Sécurité
nationale // VERNON G. TURNER,
Ambassadeur du Canada, Union Soviétique // REG
WHITAKER, Politicologue, Université
York
LES RÉSUMÉS DES ÉPISODES
:
00. Retour au résumé
de la série
01. Double vie
02. Guerre contre l’indépendance
03. Guerre secrète
contre la France
04. La chasse aux espions
05. La Taupe
07. Mission en territoires
ennemis
08. Montréal rendez-vous
des agents secrets
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