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Depuis
plus de 50 ans, la position stratégique de Montréal
et ses nombreux liens avec les États-Unis ont fait de
la métropole le théâtre de plusieurs grandes opérations
d’espionnage internationales.
En 1972, la GRC et la CIA soupçonnent le consulat
cubain de Montréal d’abriter des activités d’espionnages.
Dans la nuit du 4 avril, peu après minuit, une bombe explose
dans le consulat. Malgré l’opposition des Cubains, des
agents du contre-espionnage réussissent à s’infiltrer
à l’intérieur et à récupérer
des documents que des employés tentaient de détruire.
Cette opération policière sera fortement critiquée
par Fidel Castro et les documents saisis ne seront jamais retournés
aux autorités cubaines.
En 1943, une centaine de chercheurs du monde entier sont réunis
à l’université de Montréal pour mettre au
point la plus puissante arme jamais conçue : la bombe
atomique. Cherchant à avoir accès aux recherches,
Moscou met en place un important réseau d’espionnage à
Montréal. Le docteur Allan Nunn May, un Britannique membre
de l’équipe de chercheurs, participera au réseau.
Pendant deux ans, ce sympathisant communiste fournira des informations
précieuses aux Russes.
En 1966, un scandale de sexe et d’espionnage éclate aux
communes. On apprend que dix ans auparavant Pierre Sévigny,
ministre de la défense nationale à l’époque,
se serait compromis avec Gerda Munsigner, une Est-Allemande,
soupçonnée d’être une espionne. Une commission
royale d’enquête sera mise sur pied pour tenter d’éclaircir
cette affaire qui, en trois mois, fera pas moins de vingt fois la manchette
de La Presse.
Entre 1957 et 1962, la CIA a financé secrètement
les recherches docteur Ewen Cameron de l’Institut Allan
Memorial de Montréal sur la déstructuration du cerveau.
La CIA espérait que les résultats pourraient servir à
soutirer des informations de l’ennemi. Quatre-vingt-cinq patients
du docteur Cameron ont été soumis, sans leur consentement
et sans relâche, à des traitements qui s’apparentaient
au lavage de cerveau : privatisation sensorielle, mise en coma et
écoute répétitive de messages.
Dans les années 80, ne pouvant avoir accès directement
aux technologies militaires nord-américaines, plusieurs pays
vont avoir recours à des réseaux d’espionnage à
Montréal et feront appel à des entreprises d’ici
comme intermédiaires. Une entreprise de Ville Saint-Laurent sera
accusée d’avoir acheté illégalement auprès
de General Electric aux États-Unis, pour le compte
du Pakistan, des pièces nécessaires à la
construction d’une bombe atomique. En 1990, l’ingénieur
montréalais, Gérald Bull est mystérieusement
assassiné. Était-ce parce l’Israël craignait
que le super canon qu’il s’apprêtait à livrer
à l’Irak serve à des fins militaires ?
Ou parce que Bull avait la preuve qu’il avait servi de bouc émissaire
pour le Canada et les États-Unis lorsqu’il avait
été accusé, en 1981, d’avoir fourni à
l’Afrique du Sud des armes et des obus ?
Intervenants
GILBERT ALBERT,
Directeur, Section E spéciale GRC, années 1970 // MICHEL
AUGER, Journaliste // MICHEL
BULL, Fils de Gérald Bull // PAUL
DUFOUR, Chercheur et auteur : Les « EGGHEADS »
et l’espionnage // ANNE-MARIE DUSSAULT,
Journaliste // Dr FRÉDÉRIC
GRUNBERG, Psychiatre, Rapport Cooper //
ROBERT REGULY,
Journaliste // REG WHITAKER,
Politicologue, Université York
LES RÉSUMÉS DES ÉPISODES
:
00. Retour au résumé
de la série
01. Double vie
02. Guerre contre l’indépendance
03. Guerre secrète
contre la France
04. La chasse aux espions
05. La Taupe
06. Les transfuges
07. Mission en territoires
ennemis
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